Il aurait pu rentrer directement à Ouagadougou après la mise en eau de la plaine aménagée de Niéguéma-Toukôrô. Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a choisi de s’attarder. Ce dimanche 2 août 2026, il a planté ses pas dans la terre ocre de Bama, s’arrêtant dans plusieurs exploitations agricoles pour voir de ses propres yeux ce que les chiffres et les rapports ne montrent jamais vraiment : des femmes et des hommes qui cultivent, qui suent, qui espèrent, et qui nourrissent un pays en guerre pour sa survie.
La première halte l’a conduit dans l’exploitation familiale d’Ouédraogo Madi, bénéficiaire des semences améliorées et des engrais distribués par l’État dans le cadre de l’Offensive agropastorale. Deux hectares de maïs au stade de montaison, avec une production attendue de dix tonnes. Un demi-hectare de riz au tallage, pour une récolte estimée à deux tonnes. Des chiffres modestes à l’échelle nationale, mais qui représentent pour cette famille la différence entre la dépendance et l’autonomie, entre la précarité et la dignité. Le Chef du Gouvernement l’a vu, et il a compris.
La deuxième escale l’a emmené sur un périmètre rizicole de trente hectares, exploité par un groupement de femmes de Bama. Trente hectares cultivés par des productrices qui ont saisi à bras-le-corps l’opportunité offerte par l’État, transformant un appui en intrants et en équipements en une réalité productive visible et prometteuse. Dans un pays où les femmes rurales sont souvent les premières à subir les crises et les dernières à bénéficier des soutiens, les voir à la tête d’un périmètre rizicole de cette envergure dit quelque chose d’essentiel sur la direction que prend l’agriculture burkinabè.
Partout où il s’est arrêté, le Premier ministre a entendu le même message des producteurs : merci pour l’appui, mais il faut aller plus loin. Les engrais, les semences et les matériels sont là, et ils font la différence — les cultures en témoignent. Mais les besoins dépassent encore ce que l’État fournit aujourd’hui, et chaque hectare supplémentaire bien accompagné pourrait se traduire en tonnes de céréales supplémentaires sur les marchés et dans les greniers. Une demande formulée avec respect, mais avec la franchise de gens qui savent ce dont ils ont besoin.
Son Excellence Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a quitté les champs de Bama avec des motifs de satisfaction, comme il l’a lui-même confié aux producteurs en les félicitant pour leur engagement. Il leur a également transmis les encouragements du Capitaine Ibrahim Traoré, geste symbolique qui dit que le Président du Faso suit de près ce combat silencieux mais vital que mènent les agriculteurs burkinabè dans leurs champs.
Car c’est bien d’un combat qu’il s’agit, et le Premier ministre l’a dit sans détour : le Burkina Faso mène simultanément deux guerres. La première, celle de la reconquête du territoire face au terrorisme, occupe les esprits et les unes des journaux. La seconde, moins spectaculaire mais tout aussi déterminante, est celle de l’assiette : faire en sorte que chaque Burkinabè mange à sa faim, que le pays produise ce qu’il consomme et cesse de dépendre de ce que d’autres veulent bien lui vendre. Deux combats, une seule vision : un Burkina Faso libre, debout et nourri par ses propres mains.
