La guerre s’intensifie au Moyen-Orient, et le prix du baril s’emballe. Ces derniers jours, le Brent a franchi le seuil des 100 dollars pour atteindre des pics autour de 120 dollars. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, est devenu un point de tension majeur. Résultat : les pays africains, traditionnellement dépendants des marchés internationaux, se retrouvent en première ligne. Et dans cette crise, une solution émerge : Dangote Group.
Pendant que les Européens cherchent désespérément du gaz, les Africains, eux, ont désormais une alternative sous leurs yeux. La raffinerie de Dangote, située près de Lagos, tourne à plein régime avec sa capacité de 650 000 barils par jour. Et le timing est parfait. Aliko Dangote lui-même en rigole presque : « Les gens sont prêts à payer n’importe quoi maintenant ». Ghana, Afrique du Sud, Kenya : ces pays qui importaient leur carburant de loin commencent à regarder vers leur voisin ouest-africain.
Pourquoi ce virage ? La réponse tient en trois mots : sécurité, coût, souveraineté. Acheter du carburant raffiné sur place, c’est s’affranchir des aléas des routes maritimes internationales.
C’est aussi économiser les frais de transport et les délais. L’Afrique du Sud, le Kenya et le Ghana l’ont compris : mieux vaut s’approvisionner auprès du nouveau champion régional que de dépendre de marchés lointains perturbés par les crises géopolitiques.
Le milliardaire nigérian ne cache pas ses ambitions. Dans un entretien récent, il a asséné : « Si nous autres Africains ne prenons pas la tête de l’industrialisation de l’Afrique, l’Afrique ne s’industrialisera jamais ». Derrière cette déclaration, il y a une réalité concrète : sa raffinerie, dont la construction a nécessité de draguer un marécage et de construire un port sur mesure, est en train de devenir une pièce maîtresse de l’économie continentale. Le FMI l’a confirmé : à pleine capacité, elle augmenterait le PIB non pétrolier du Nigeria de 1,5 % et renflouerait ses réserves de dollars de 5,5 milliards par an.
L’usine de Dangote ne produit pas que du carburant. Elle fabrique aussi du polypropylène pour les plastiques et surtout, 3 millions de tonnes de fertilisants par an, plus que toute autre usine en Afrique.
